Les différences de l’immobilier en Suisse
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Suite à une voyage chez un ami en Suisse pour une dizaine jours, j’aimerais vous entretenir des grandes différences entre l’immobilier en Suisse et celui au Québec. Peut-être pourrez-vous récupérer quelques idées pour vos immeubles.

1. Les immeubles en Suisse sont là pour durer

À Zurich, tous les édifices à logements ou immeubles sont faits de béton et même certaines divisions intérieures. En campagne, comme vous le savez, les maisons sont dans des pentes accentuées puisqu’il s’agit d’une région montagneuse. Beaucoup de béton est utilisé pour le garage et le sous-sol, mais les étages hors terre sont constitués de bois en pièce sur pièce. On retrouve de ces maisons rurales datant des années 1500.

Que ce soit en ville ou en campagne, les maisons sont bien entretenues et parées de fleurs. Je me suis mis à observer en détail l’entretien, les scellants utilisés, l’infiltration d’eau, les planchers, les murs (bonjour déformation professionnelle!) dans les différentes maisons que j’ai visitées et j’ai été très surpris de la qualité.

2. Aucun bardeau d’asphalte sur les toits

Ce revêtement de toiture évite ainsi une surchauffe du toit en été et garde plus au frais. Très dispendieux au Québec, ce type de revêtement de toit est tout de même disponible chez nous.

3. Aucun climatiseur ou thermopompe

Malgré qu’il fasse aussi chaud qu’ici, les Suisses utilisent des techniques de construction en béton et de toit en argile qui bloquent entièrement l’accès du soleil, en plus des volets aux fenêtres. Au Québec, ces volets servent de décoration; en Suisse, elles sont drôlement efficaces.

4. Aucun rideau aux fenêtres

Ils se munissent encore ici des volets pour préserver l’intimité.

5. Des gouttières en fonte très solides

Les gouttières sont faites de gros métal épais et parfois même en inoxydable, toujours dans un but de durabilité à long terme. Pensez un instant à nos gouttières en aluminium ou en plastique…

6. Des coûts exorbitants

Mon ami demeurait dans un appartement avec 2 chambres très ordinaire et sans luxe. Habitant Zurich, il payait 3 000$ par mois. Son immeuble était un sixplex (6 logements) et valait plus de 4 millions. Difficile d’avoir une bonne rentabilité à un tel prix.

7. Prévention de la contamination du sol

À la campagne, les poteaux de téléphone sont enduits d’un produit vert pour les protéger de la pourriture mais ne peuvent être enfouis en terre. Comment font-ils pour les faire tenir debout? Ils les dressent sur une base de béton munie de deux pattes de 1 m excédant la base et le poteau est ainsi boulonné sur ces deux pattes. Le poteau de bois ne touche pas à la base de béton demeurant suspendu à 3-4 pouces dans les airs. Cette technique évite toute sorte de contamination du sol par ces poteaux. Quelle innovation!

8. Pollution sonore et stationnement

Pour éviter la vitesse, le bruit des automobiles et prévenir les accidents dans les ruelles, les stationnements dans les rues alternent. Un stationnement d’un côté de la rue, un peu plus loin de l’autre côté, un peu plus loin, on change de côté. C’est donc impossible de rouler vite puisque l’on passe notre temps à zigzaguer entre les autos.

La Suisse est vraiment un pays avec des immeubles qui sont là pour durer. Je crois que nous, Canadiens, nous ne voulons pas mettre les efforts et l’argent pour que nos nouveaux immeubles durent aussi longtemps. La durée de vie moyenne de nos immeubles faits de 2 par 4 est seulement de 70 ans, ce qui est insuffisant pour les Suisses. Un pensez-y-bien…

Ghislain Larochelle



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